Tourisme

Histoire_et_Patrimoine

Histoire & Patrimoine

Un peu d’histoire…


 

Cazères : des remparts et des portes… La ville de Cazères fut, du Moyen Age à la veille de la Révolution de 1789, ceinturée de remparts, qui, partant des bords du ruisseau de l’Hourride (à la hauteur du bureau de tabac) suivaient la ligne des boulevards actuels et rejoignaient ensuite l’actuelle Mairie et le côté sud de l’église.

Il en reste un seul fragment Rue de l’Hôtel de Ville entre les maisons N° 12 et N° 14. 4 portes donnaient accès à la ville, celle du Mont (actuellement rue Victor Hugo), celle de Palaminy (rue du 4 Septembre ) celle de Testemole (rue Emile Zola) et celle de la base (au bas de la rue de l’Hôtel de Ville et place du Centenaire ou Guy Moquet).

A plusieurs reprises ces remparts furent rehaussés, les portes aménagées, en particulier celle de Palaminy qui était surmontée d’un local auquel on accédait par un escalier en pierre de taille.

Ces portes vétustes furent remplacées à la veille de la Révolution par des « pylônes » ou « piliers » en pierre jaune des carrières de Furne de forme élégante, surmontées de statues en terre cuite d’une grande qualité(les chiens « gardiens de la ville » et des sphinx à tête de femme).

Une guirlande de style Louis XVI ornait la partie supérieure de ces piliers, elle a complètement disparu dans les années 1960, ainsi que la tête d’une des statues de la Porte de Palaminy peut-être récupérée dans un jardin de Cazères et qu’il est difficile de reconstituer aujourd’hui…

En 1946 la municipalité de Pierre Teulé tentait vainement de faire classer ces portes parmi les monuments historiques. Depuis lors des ravalements partiels ont été réalisés, mais 2013 marque une restauration complète et parfaitement réussie de ces monuments d’un genre assez unique.

Des inscriptions indiquent au passant leur origine et leur signification.

Malheureusement celles qui avaient été gravées au moment de leur construction ont été martelées quelques années plus tard sur ordre du Notaire Sarrans, Maire éphémère de Cazères pendant les débuts de la Révolution.

Elles devaient concerner l’administration royale…Et rien ne subsiste de cela dans les archives.

La porte du Mont (Rue Victor Hugo) comporte une niche qui abrite une statue de la Vierge Marie, et rappelons que la ville n’ayant pas les fonds nécessaires pour ce chantier emprunta l’argent à la Fraternité des Prêtres de Cazères, bel exemple de collaboration locale entre le religieux et le civil.

Les d’Espouy 24 05 2019 1ière partie

Les d’Espouy 24 05 2019 2ième partie

The d’Espouys (english version)

Villa Roi Belge et d’Espouy 24 11 2019

HECTOR D’ESPOUY : « son atelier à Cazères »

Architecte français, Hector d’Espouy est né à Salles-sur-Adour (Hautes-Pyrénées) en 1854 et décédé vers 1928/1929. Il remporte le grand prix de Rome en 1884.

Il vécut à Cazères, comme en témoigne une maison de maître, située Place Jean Jaurès, dans laquelle l’architecte avait son atelier, cette maison abrite de splendides fresques murales qui font la fierté de son propriétaire actuel.

Les étonnantes couleurs des peintures ne sont en rien altérées par les années

Hector d’Espouy  a exposé au Salon avec succès : Etudes et Relevés du Château de Chaumont-sur-Loire.

Il se vit décerner les médailles suivantes :

–         en 1890 pour son Essai de décoration de voûte pour un salon de la Villa Médicis, et une Vue intérieure du Campo-Santo de Pise,

–         en  1892 pour sa Restauration de la Basilique de Constantin à Rome et pour son Souvenir de Grèce

–         en  1895 il devint professeur de dessin ornemental à l’Ecole des Beaux-arts à Paris,

–         en 1900 il reçut la médaille d’or lors de l’Exposition Universelle pour Décoration de la salle de sculpture du musée de Nantes

et pour la Commune de Cazères…

Notre Dame de Cazères : sa restauration est entreprise       

à la fin du XIXème siècle et est confiée à Hector d’Espouy.     

Ce dernier construit les deux tours octogonales entre 

lesquelles se dresse la Vierge de l’Assomption,

la Halle a été rebâtie en 1884 selon un projet dessiné par Hector d’Espouy

–   en 1923 le monument aux morts, en marbre blanc de St Béat, et est conçu par Mr D’ESPOUY.

Ce monument est agrémenté d’une statue en bronze, œuvre de Mr TOURTE. 

Il a été dressé sur la place de l’hôtel de ville.

Fresques murales de la Maison de Maître, Boulevard Jean Jaurès

 

Le saviez vous ?
La grotte, située en bord de Garonne, est un modeste oratoire avec sa fontaine et sa statue de la Vierge Marie, fortement lié à l’histoire locale : « Le Voeu de 1630 ». Depuis 1629, la peste faisait rage à Cazères faisant de nombreuses victimes. Les plus favorisés quittaient la ville pour se réfugier dans leurs fermes. Les contaminés étaient « évacués hors des murs de la ville dans des cabanes en planches » quartier de MAOUPEOU. Les « Corbeaux » vêtus de robes noires et portant un masque en forme de bec, afin d’éviter la contagion, était le nom donné à ceux qui se chargeaient, moyennant salaire, de soigner les malades et désinfecter les maisons. Ils en profitaient pour se livrer au pillage. Face au désastre, les magistrats municipaux firent appel au Père Philippe de Francon, moine Capucin, qui avait réalisé des prodiges pendant l’épidémie de peste ayant sévi peu avant, à Toulouse. Il ranima les énergies défaillantes, redonna à tous le moral et lutta contre le fléau. Tout danger écarté, le Père Philippe, fit prononcer aux habitants le Vœu du 8 Septembre 1630, par lequel ils s’engageaient à construire une chapelle en l’honneur de Saint-Roch « protecteur de la paroisse » auprès de la Base. La Vierge Marie y fut associée et pour confirmer ce vœu, on alla en procession sur ce lieu le 8 Septembre de chaque année. La Chapelle située à la Base a disparu, l’oratoire de la grotte continue d’accueillir la cérémonie annuelle. Pour info : SAINT-ROCH 1350-1379 de Montpellier. Il est le patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux
Texte OTI Cazères

La « Fontaine Miraculeuse » (texte OTI Cazères)
Miracle approuvé de 1665 par l’évêque de Rieux. Guérison de Domenge Sengès, habitante de Lescuns « 10km de Cazères ».
L’histoire dit que Domenge souffrait le martyre, le pied droit recouvert d’ulcères purulents depuis son jeune âge. « Depuis l’âge de 12 ans ». Les médecins ne trouvant rien pour la soigner depuis de nombreuses années, elle vint un jour à Cazères, fit tout le chemin à pied accompagnée de sa fille et se tenant tant bien que mal avec un bâton à l’autre bras. Arrivée à Cazères, dans de terribles souffrances elle se rendit à la Grotte et se lava le pied à la fontaine, puis remonta à l’église pour prier la Glorieuse Vierge Marie, patronne du sanctuaire. Elle se confessa, assista à la messe et enfin communia. Pour reprendre le chemin du retour, elle n’eut nul besoin de son bâton qui l’avait tant aidée à l’allée. De jour en jour son état ne fit que s’améliorer, jusqu’à sa guérison complète. Quatre années de dossiers médicaux et d’attestations, d’enquêtes sérieuses ont été nécessaires pour approuver ce miracle.
« Les archives départementales possèdent un dossier complet racontant l’histoire, certificat à l’appui de Domenge Sengès »
Autres Guérison à Cazères : La Guérison de Jeanne Pujos de Valentine en 1760 et d’un prêtre atteint de cécité. Ces miracles sont immortalisés par des tableaux « EX VOTO » toujours conservés dans la chapelle de ND.

Eglise Notre-Dame de l’Assomption (texte OTI Cazères)
A l’origine, petit bourg gallo-romain bâti sur le promontoire de Montjoie et bordé par l’Hourride et la Garonne, Cazères apparaît dans l’histoire à l’époque médiévale. Une première église y était alors érigée. Dépendant successivement de la maison de Comminges puis du comté de Toulouse, Cazères relève au XIVe Siècle de la maison de Foix alors dirigée par Gaston Phoebus. La ville subit dans cette période des troubles et les guerres qui ravagent la contrée. C’est ainsi qu’en 1355 l’église primitive est détruite par les troupes anglaises. Dès la fin du XIVe Siècle est lancé la construction d’une nouvelle église qui aura pour titre notre Notre-Dame et pour patronne Sainte Quitterie. A la révolution, elle est mutilée et dépouillée de ses flèches. Il faudra attendre 1888 pour que sa façade soit restaurée par l’architecte H. d’Espouy qui conçoit les deux tours octogonales encadrant la Vierge de l’Assomption. La façade rappelle les grandes églises languedociennes bâties sur le modèle de Notre Dame du Taur à Toulouse. Comme pour l’église voisine du Plan ou celle de Montjoie en Ariège la façade avec sa galerie entre deux tours faisait partie du système défensif du bourg. De l’ancienne église subsiste la partie inférieure un peu remaniée avec le portail gothique et les arcades ogivales. Le portail, en pierre de taille, présente une voussure à six compartiments prolongés par des colonnettes à chapiteaux de feuilles. Les deux niches latérales sont garnies de statues de faible facture (de 1907) représentant à gauche St Jean-Baptiste et l’Agneau de Dieu et à droite St Antoine avec le cochon rappelant ses tentations. Dominant le portail l’arcature a été quelque peu retouchée lors de la restauration mais les neufs arcs supportés aux extrémités par des corbeaux à triple saillie sont d’un bel effet décoratif. Au-dessus, la corniche délimite la partie entièrement restaurée. On y remarque surtout les hautes fenêtres géminées des tours et la statue glorieuse de N.D de l’Assomption se détachant sur le fond du ciel. Par ailleurs on pourra apercevoir : Sur le mur de l’église, rue Ste Quitterie, une intéressante croix du XVIe Siècle. Elle était placée à la porte d’entrée du vieux cimetière St Jean (emplacement de l’actuel jardin public) face à la chapelle du même nom. Quand le cimetière fut déplacé au XIXe Siècle. Elle fut fixée au sommet d’une porte latérale qui s’ouvrait dans l’église. Elle porte un blason sculpté à son pied et montrant l’Arbre de Vie. De l’autre côté de l’église se trouve la piscine baptismale démontée du site de Bentayre (territoire de l’ancienne commune de St Cizy) et reconstituée là avec quelques vestiges provenant du même lieu. Blaise Binet écrivait au sujet de Cazères, en 1764 dans sa description historique du diocèse de Rieux, « l’église paroissiale (qui est dans l’ancien château) est la plus belle et la plus ornée du diocèse.) L’intérieur de l’église est un bel exemple de style gothique méridional : une nef unique, spacieuse (40m. De long sur 17m. De large et 13M. De haut), à quatre travées avec chapelles entre contreforts et une abside pentagonale à chapelles rayonnantes. Les voûtes d’ogive ont quelques clefs sculptées : Dieu bénissant, Vierge à l’enfant, anges, chimères…… et les grosses colonnes de la nef ont des bandeaux sculptés : chimères quadrupèdes, écussons tenus par des anges…. L’ensemble est conçu pour favoriser le regroupement des fidèles, l’écoute de la parole de Dieu et la beauté de la liturgie. Le pavement de la nef remonte aux années 1720. Il avait alors remplacé un carrelage de brique très détérioré. Le chœur était naguère fermé par un balustre de pierre (Un balustre est une colonnette de forme renflée, généralement assemblée à d’autres colonnettes par une tablette à hauteur d’appui). Il est entouré par 5 chapelles rayonnantes. Les grandes statues en bois doré du XVIIIe Siècle proviennent d’un très grand retable aujourd’hui disparu illustrant la vie de Ste Quitterie

L’ancien couvent des Capucins, sa chapelle et son cloître
Extrait Archives Départementales de la Haute-Garonne :
“Le couvent a été fondé en 1619 dans la mouvance des créations conventuelles toulousaines sous l’épiscopat du cardinal de Joyeuse. Lors de la peste de 1630 les religieux se dévouèrent entièrement et l’un d’eux, le père Philippe de Francon, qui s’était dépensé pour la lutte contre le fléau à Toulouse, vient à Cazères et réussit à faire régresser l’épidémie.”
Le cloître date lui de 1717
“Le couvent fut vendu en 1791 comme bien national puis racheté par la population et la fabrique de l’Eglise, la chapelle rendue en état sous la Restauration où elle servit à nouveau, pour une Congrégation de Religieuses (St Nom de Jésus), d’école et pensionnat de jeunes filles en 1858. La Chapelle richement ornée a servi d’annexe paroissiale jusqu’en 1908.”
Pendant la Grande Guerre, elle servit l’hôpital bénévole où l’on soignait les blessés
Aujourd’hui le bâtiment abrite le “Cinéma des Capucins”

Les deux statues de la Halle du sculpteur Cazèrien Frédéric Tourte :
« Le Semeur et Pomone »(1905) Le Semeur « côté Nord » avec la devise « si je donne du bon blé, donnez-moi du bon pain » – traduction de l’occitan.
Côté Sud, Pomone, « déesse des fruits et du jardin » dans sa plantureuse nudité, qui à l’époque, fit scandale, car placée devant le presbytère et à la sortie de l’église.
(texte OTI Cazères)

Le Pont de Cazères AVANT/APRES et en quelques dates
(texte Association “Les Amis du Patrimoine”)

Photo M. DANIS (Photographe Cazères)

Edit du Roy Louis XV pour le financement de la reconstruction d’un pont en 1716.
Vous noterez sa rédaction particulière compte tenu de l’âge du Roi à l’époque puisqu’il n’avait que 6 ans 😉 (Doc M. Granson)

 


Quelques dates de 1840 A 1930

1840

La classe gratuite pour les demoiselles indigentes prévue aux Capucins pour 25 élèves en reçoit habituellement 140 car les habitants prétendent ne pouvoir payer. Les dames du St Nom de Jésus sont subventionnées afin qu’elles puissent affecter une grande salle à ces élèves.

1872

Une école laïque est créée et installée au deuxième étage de la mairie.

1874

Le bureau du télégraphe relié à TOULOUSE est logé dans une maison contiguë à l’église.

1875

Des pluies torrentielles les 23 et 24 juin provoquent une crue de la GARONNE et une inondation qui emporte quatre arches sur les six du pont. L’eau recouvre la base et les berges de l’ HOURRIDE. Les dégats sont importants. Les secours s’organisent. Un pont de bateau provisoire est installé par les pontonniers de l’armée. Il restera en service plusieurs années. Le péage est de 0.05 F pour les personnes. Le pont sera reconstruit en 1877 avec cinq arches seulement. Le cimetière est clôturé par un mur. Un portail de pierre sera construit quatre ans plus tard et un dépositoire en 1927. Six reverbères nouveaux sont installés dont un à la base pour remplacer celui emporté par l’inondation, un au chemin de la briqueterie, un à l’angle du chemin de la gare.

1876

Un pont de pierre sur l’ HOURRIDE remplace la passerelle. Afin d’irriguer les champs, un réseau de rigoles secondaires du canal de St MARTORY est creusé.

1878

L’école laïque installée à la mairie reçoit maintenant 71 élèves. Un adjoint est nommé car le nombre d’élèves ne doit pas dépasser 50 par classes. En novembre 1879 : 118 élèves et un deuxième adjoint est affecté, en novembre 1881 :178 élèves, un troisième adjoint est désigné. Les salles de classes nécessaires sont aménagées à l’étage. Des acacias sont plantés sur les places de la commune et même sur le boulevard où les jours de foire les rangs serrés de bœufs et de vaches créent un encombrement tel qu’acheteurs et vendeurs ont de la peine à circuler. En 1884 des grillent protégeront les arbres. Les fêtes, (fête locale et fête nationale) sont dorénavant organisées par un groupe de jeunes qui reçoit une subvention du Conseil Municipal, représenté par une commission, et est aidé par deux sociétés de musique, la Sté Cécile, la Lyre Harmonique. Les fêtes coûteront 1500 F et 500 F. Un peuplier de la liberté est planté devant la fontaine de la place Lafayette, près du Café Daniel.

1879

Le bureau de la poste et celui du télégraphe sont fusionnés et installés au centre de la commune dans la maison Bergès. Pour paver la grande rue, le pavé ordinaire sera remplacé par du caillou taillé à l’alsacienne, qui vaut 8 F le m3.

1880

Les deux fenêtres du premier étage de la mairie sont agrandies et reliés par un balcon en pierre taillée de Beaucaire. Après réparation de l’abattoir qui était en mauvais état, une grande salle, avec galerie intérieure, qui servira pour le spectacle et le théâtre est construite au dessus. Une scène et des loges seront ajoutées en 1885. CAZERES qui compte 2700 habitants continue à être un bourg commerçant et agricole. Il existe deux maisons de commerce réputées pour les conserves de foies d’oies, de gibier, petits pois et champignons, une brasserie de bière, trois tanneries de cuir, une marbrerie, une filature de laine avec en annexe une teinturerie sur la Garonne, des ateliers de construction de péniches à destination de TOULOUSE et que l’on lance au port, une fabrique de cierges et de bougies à la stéarine, un moulin à farine à Darbon, plusieurs scieries mécaniques de bois de construction et de menuiseries ; des cordiers, douze foires renommées pour les bêtes de race Gascogne et sur les coteaux du Courseau des vergers de pêchers dont les fruits sont expédiés. On apporte à la halle en moyenne 30000 Hl de blé chaque année. Une ferme école existe à Castelnau les Nauzes et sera encore en activité en 1895. L’hôpital St Prosper de Blanquotte reçoit des pauvres nécessiteux de Cazères et de St Julien .

1881

Une gelée décime les vignes déjà atteintes par le phylloxéra. L’enseignement primaire se développe. Rue de la case une école avec quatre classes pour les garçons est construite avec le logement de l’instituteur et les élèves abandonneront les salles du deuxième étage de la mairie. Egalement une école de filles est créée et installée dans une maison louée à Tarascon, au bord de l’Hourride puis après elle ira en 1882 dans les bâtiments du Bourguet qui seront réparés et aménagés. Elle aura une directrice et une adjointe. L’école maternelle créée le 17 avril1882 sera aussi installée au Bourguet avec une directrice et sous directrice pour 90 élèves, dans des salles qui seront construites. Il est en outre prévu une salle d’asile ou garderie pour les enfants de moins de 6 ans, afin de soulager les parents qui travaillent. L’Hourride au faubourg Tarascon est couverte d’une voûte sur laquelle se tiendra le marché de la volaille.

1882

On démolit des maisons pour continuer la rue Taillefer qui rejoindra la rue Testemole, la rue de Las Clotes, la rue de la base et le boulevard vers le pont. Mais la pente de la rue Taillefer est si raide que les attelages de chevaux et charrettes s’y renversent. La façade de l’église menace ruine. Mr Hector d’ESPOUY, architecte, prix de Rome et Cazérien, déclare que l’église est de style ogival du XIV° siècle, les deux étages de fenêtres du XVII° siècle, la flèche en spirale de 1830 et il y a lieu de lui restituer un caractère d’ensemble et aussi de supprimer la maison qui lui est adossée. Le devis s’élève à 30750 F. Les travaux sont entrepris par le Conseil de fabrique et seront terminés en 1888. c’est l’église actuelle. Le 23 novembre 1883 seront baptisées les grosses cloches et le carillon et des vitraux posés dont celui du martyre de Ste Quitterie. Pour distribuer l’eau dans les maisons un château d’eau de 100m3 est édifié Place St Jean. Un bassin est construit place du comté comme réserve d’eau en cas d’incendie et d’abreuvoir pour les moutons les jours de foire.

1885

Les maisons se construisent le long de la route départementale vers la gare et cette route devient une rue de la commune.

1887

La croix en fer ouvragé adossée à l’église est transportée dans le petit jardin sur l’emplacement de la maison Cazalot démolie.

1888

A l’embouchure de l’Hourride un pont de maçonnerie remplace le pont de bois.

1892

Les premières plaques sont apposées pour indiquer le nom des rues.

1893

Le port se développe. Un bassin de natation est prévu aux roches du Campet et l’été les jeunes Cazériens s’y rendent.

1895

Le conseil municipal décide la construction d’une usine municipale hydraulique pour la distribution de l’eau et la production d’électricité. Un canal d’amenée sera creusé avec une chute de 2m20. Une turbine de 20 cv pour l’eau et 70 cv pour l’électricité sont achetées. L’usine coûtera 180 000 F. Les travaux dureront deux ans et le 31 décembre 1897, la lumière électrique sera donnée dans les maisons. Les appareils électriques nécessiteront des réparations nombreuses et le canal se colmatera. Il faudra le draguer tout les étés pendant plus de trente ans. En 1911 le matériel de la station sera changé et sa puissance augmentée pour satisfaire aux besoins nouveaux.

1896

Le conseil municipal choisit la Pentecôte pour la fête locale malgré l’inclémence du temps au lieu du 8 septembre. Et un octave aura lieu.

1899

Un jet d’eau est installé au jardin public. On entreprend des fouilles au site de St Cizy.

1900 à 1914

La vie de CAZERES s’écoule paisiblement. Une bourgeoisie locale comprend les propriétaires des domaines agricoles de la plaine où peu à peu s’intègrent : le notaire, le pharmacien, le docteur, les industriels (fabriquants de tuiles, de chaises, de marbres, des teinturiers) les principaux commerçants et quelques fonctionnaires. Les commerçants vont en voiture, vendre dans les marchés voisins. Ils se réunissent chaque semaine dans leur café pour discuter de leurs affaires. Les familles se rendent visite pour passer la soirée, faire de la musique en prenant une infusion ou un petit verre de liqueur. Les soirs d’été les ouvriers restent assis devant leur porte à bavarder. L’argent est rare, il faut marchander et demander des délais, les achats importants se font à trois mois de crédit. D’ailleurs les agriculteurs ne paient qu’à la Toussaint. Beaucoup de Cazériens sont fiers de posséder leur propre vigne. La moisson et les vendanges sont les événements importants et les vendangeurs, vont de tradition, toujours chez les mêmes propriétaires; les ouvriers vont, à jour fixe, moudre dans les familles aisées.

1901

Le marché aux dindons, oisons, petits canards, est installé sur les trottoirs de la rue Taillefer.

1904

La halle au sol inégal est pleine d’ordures, les piliers sont disjoints, elle doit être démolie. La nouvelle sera bâtie sur le même emplacement d’après un projet dessiné par Mr Hector D’ESPOUY, architecte, professeur aux Beaux Arts de Paris. Elle sera de style moderne, rectangulaire, en fer ouvragé et acier sur piliers de fonte et socle en pierre de Laffite Toupière avec un sous sol pour ranger les bancs d’étalage. Aux deux extrémités dans deux niches de pierre sont placées deux statues, un semeur et une pomone, œuvre de Mr Frédéric Tourte, sculpteur et Cazérien. La halle coûtera 34 800 F et les statues 6000 F. Les premières automobiles circulent. Il y en a deux dans la commune et déjà le 12 juin on demande qu’elles ne marchent plus en ville à des allures désordonnées que la vitesse soit réglée par des plaques apposées. Un service de ramassage des gadoues est organisé avec un tombereau et un cheval. Chaque propriétaire fera un tas d’ordures devant sa porte et le tombelier passera tous les matins.

1905

Pour couvrir les frais de la fête un droit de place est réclamé aux bazars, tirs, manèges, et autres baraques, installés sur le boulevard Lafayette pendant les deux jours de la fête nationale et locale. La municipalité achète le 28 octobre pour 28 050 F l’ancien couvent des capucins pour y transférer l’école des filles trop à l’étroit au Bourguet. Les Processions, une douzaine dans l’année ont lieu aux dates accoutumées. Les maisons sont décorées de draps fleuris et des pétales de fleurs sont jetés en jonchée dans les rues. Des reposoirs, où le prêtre sous le dais s’arrête pour prier, sont dressés dans chaque quartier. Les gitanes parcourent la commune. Aucun endroit, pour les caravanes ne peut leur être réservé sans provoquer les plaintes des voisins. Aussi le maire prend un arrêté pour déclarer le stationnement des nomades interdit.

1906

Mr SERRES, grand prix de Rome pour la gravure, offre deux tableaux qui sont à la mairie. Celle-ci donne un banquet et une soirée dansante qui réunissent tous les lauréats artistiques.

1907

Des bornes fontaines sont installées dans tous les quartiers. Le puits de captage et le filtre donne une eau qui est bonne et il n’est pas nécessaire de rechercher de l’eau de source déclare-t-on à l’analyse. La gymnastique est à la mode. Des fêtes d’ensemble des écoliers seront données chaque année. Des agrès et un trapèze sont installés à la salle du théâtre. Un stand de tir est organisé à la prairie de l’usine électrique puis sur la route de Gensac. Au théâtre, les jeunes jouent des revues locales, chantées et dansées et aussi des saynètes.

1909

Les acacias qui avaient été plantés sur toutes les places de la commune sont remplacés sur le boulevard par des platanes. Ceux-ci disparaîtront en 1972.
L’école des filles reçoit des pensionnaires et l’on organise un dortoir, une cuisine, et un réfectoire.

1910

Cinq bouchers et quatre charcutiers tiennent boutique et débitent dans l’année 230 bœufs, 430 veaux, 400 moutons, et 600 à 700 porcs.

1912

Palaminy reçoit la lumière électrique de l’usine de Cazères.

1913

Un champ d’essai et d’expérience d’arboriculture est crée aux Portaous pour étudier les pêchers et les poiriers, surtout pour sauver les pêches du courseau qui meurent.

1914

A la gare, le trafic est de 90 000 voyageurs par an. Les après midi de foire, la gare aux marchandises est encombrée jusqu’à 8 ou 9 heures du soir pour l’embarquement des bœufs et des vaches. Dans le bruit, la bousculade, la nuit tombante les disputes éclatent entre les vendeurs et les acheteurs. Aucune amélioration n’interviendra avant le 2 août, c’est la mobilisation. Par précaution la municipalité fait provision de farine et de blé. Un hôpital temporaire n° 9 Bis est installé aux Capucins. Un seul militaire décèdera.

1920

La commune achète un terrain de 1 ha et un pré voisin qui deviendra un parc de sports et en cas de désaffection sera divisé en jardins. En 1927 une tribune en ciment est construite.

1923

Le monument aux morts, en marbre blanc de St Béat, conçu par Mr D’ESPOUY garde la statue en bronze, œuvre de Mr TOURTE. Il a été dressé sur la place de l’hôtel de ville.

1930

La butte de la Montjoie est en grande partie démolie pour combler la berge marécageuse de la Garonne.

Ici s’arrêtent les notes sur Cazères, petite ville tranquille au bord de l’eau, à l’écart de la route nationale, qui cultive depuis l’origine un peu plus de 1000 ha de terres, élève du bétail sur 350 ha de prairies qui avait 250 ha de vignes et n’en a plus que 160 ha.

La commune a de beaux magasins, bien approvisionnés dont une partie des commerçants vont vendre sur les marchés de la région.

Les 40 maisons de Villebarrade sont devenus 400 en 1760, 680 en 1900, 800 en 1935, 1200 actuellement.

La population, peut être de 200 habitants au IX° siècle, de 1600 en 1760, de 1800 en 1792, de 2546 en 1831, de 2633 en 1865, de 2700 en 1888, atteint maintenant 3400.

Les 27 bâtiments industriels de la fin du siècle dernier sont tombés à 16 vers les années 1955-1960, remontés à 24 de nos jours avec des entreprises importantes dans les domaines suivant : confection, travaux du bâtiment, ferronnerie, menuiserie …